(s'emploie au féminin :
une
,
seulement dans le cas où il y a intention expresse de préciser qu'il s'agit d'une fille). X
e siècle. Emprunté du latin
infans, -antis,
« celui qui ne parle pas, jeune

», et, en bas latin, « garçon ou fille de six à quinze ans environ », dérivé du participe présent de
fari,
« parler », avec le préfixe
in
à valeur négative
I. L'être humain, de la naissance à l'adolescence.
1. Garçon ou fille qui n'a pas encore atteint l'âge de l'adolescence.
Attendre un
, mettre un
au monde. Faire un
,
en parlant d'une femme, le mettre au monde (fam.) ; en parlant d'un homme, l'engendrer (vulg.).
Enfant mort-né,

mort à la naissance, que la mort se soit produite dans les derniers jours de la grossesse ou pendant l'accouchement.
Enfant né viable,

qui est né avec une conformation qui lui permet de vivre.
Enfant prématuré,
né avant terme.
Enfant en bas âge. Nourrir un
au sein, au biberon. Sevrer un
. Un petit
. Un jeune
. Des jouets d'enfant. L'ingénuité, le charme, la grâce des
s. Une
rieuse. Que cette
est charmante ! Bercer, choyer, cajoler un
. Savoir parler aux
s. Éduquer, guider un
. Bonne d'enfants,
domestique chargée de s'occuper des

s.
Livre d'enfants, pour
s. Les maladies des
s. Un médecin pour
s
.
L'éducation des
s. Jardin d'enfants,
établissement privé accueillant des

s n'ayant pas atteint l'âge de six ans.
Un
martyr,
qui est soumis aux mauvais traitements de ses parents.
Bourreau d'enfant,
parent qui martyrise ses

s.
Enfant prodige,
d'une précocité hors du commun.
Enfant gâté,
dont on tolère tous les caprices.
Mot d'enfant,
parole touchante ou amusante prononcée par un

. Au singulier collectif.
Le développement de l'enfant. La personnalité de l'enfant. La psychologie de l'enfant. Adjt.
Un portrait de Louis XIV
,
lorsqu'il était

.
Avoir deux fils encore
s. Tout
, j'aimais déjà les livres. Spécialt.
Enfant bleu,
atteint de cyanose par cardiopathie congénitale.
Enfant assisté,

mineur placé sous la tutelle de l'aide sociale.
Enfant en garde,
confié par décision judiciaire au service de l'aide sociale.
Enfant en danger,
dont la santé, la sécurité ou la moralité sont fortement compromises et qui peut faire l'objet d'une mesure d'assistance éducative.
Enfant surveillé,
placé sous la surveillance de l'aide sociale.
Le Divin Enfant,
Jésus.
L'Enfant Jésus, l'Enfant Dieu, l'Enfant Roi,
Jésus lorsqu'il était

. Par méton. L'image qui le représente.
Un Enfant Jésus de cire.
Spécialt.
Enfant de chœur,
jeune garçon qui assiste le prêtre pendant l'office. Expr. fam. et fig.
Un
de chœur,
une personne naïve. Expr.
Être innocent comme l'
qui vient de naître,
être de la plus entière innocence.
Coiffé aux
s d'Édouard,
qui a les cheveux coupés en frange sur le haut du front, comme sont représentés les

s du roi Édouard IV d'Angleterre. Fam.
C'est un jeu d'enfant,
c'est très simple, très facile.
Il n'y a plus d'enfants !
se dit quand un

tient des propos ou a des comportements qui ne sont pas de son âge.
2. Par anal. Adulte qui a conservé des particularités d'enfant, ou que l'on considère comme un

.
À quarante ans, c'est encore un
, un grand
,
c'est une personne qui manque de maturité.
Ils se comportent comme de grands
s. Ne me prenez pas pour un
,
pour une personne naïve.
En politique, vous n'êtes encore qu'un
,
une personne peu expérimentée. Fam.
Cher
! Mon
, ma chère
, ma belle
,
termes d'affection employés quand on s'adresse à une personne plus jeune que soi.
Mes
s, les
s,
termes qui marquent la sympathie, l'encouragement.
Courage, les
s ! Adjt.
Cette personne est très
. Une femme
. Que vous êtes
de vous attacher à ces bagatelles ! Loc. adj. inv.
Bon
,
de caractère facile, accommodant.
Un agent de police bon
. Des personnes bon
.
Par méton.
Une atmosphère bon
. Expr.
Faire l'enfant,
avoir un comportement puéril ; affecter la naïveté d'un

.
Se conduire comme un
,
avec l'immaturité d'un

.
Enfant terrible,
personne qui bouscule les conventions. Litt.
Enfant chéri,
favori.
Bonaparte appelait Masséna « l'
chéri de la victoire ».
Expr. fam.
Les
s s'amusent,
constatation ironique ou indulgente devant les amusements

ins auxquels peuvent se livrer des adultes. Titres célèbres :
L'Enfant,
de Jules Vallès (1879) ;
Les Enfants terribles,
de Jean Cocteau (1929).
II. L'être humain considéré du point de vue de la filiation.
1. Filiation par rapport au père et à la mère.
Un
et ses parents. Une mère au milieu de ses
s. Ils ont eu trois
s.
Expr.
C'est l'
de sa mère,
il lui ressemble, il en a toutes les manières.
C'est bien l'
de son père. . Enfant à charge,

qui, jusqu'à l'âge de sa majorité civile, est à la charge de son père, de sa mère, ou d'une personne à laquelle il n'est pas nécessairement rattaché par un lien de filiation.
Enfant légitime,

né de parents unis par le mariage.
Enfant illégitime,
naturel
ou, litt.,
de l'amour,

qui est né hors du mariage.
Enfant légitimé,

naturel ayant acquis la qualité d'

légitime.
Enfant adultérin,

naturel né d'un commerce adultérin.
Enfant d'un premier lit,

né d'un premier mariage de son père ou de sa mère.
Enfant du second lit,
né d'un second mariage.
Enfant adopté
ou
Enfant adoptif. Enfant trouvé,

qui, né de père et de mère inconnus, a été trouvé dans un lieu public et porté dans un établissement d'accueil.
L'Hospice des
s trouvés,
ou, ellipt,
les Enfants trouvés,
l'hospice où l'on recueillait les

s abandonnés ou sans famille.
Enfant abandonné,
qui a fait l'objet d'une déclaration d'abandon par le tribunal de grande instance.
Enfant recueilli,

confié temporairement au bureau d'aide sociale.
Enfant pupille de l'État,

mineur placé sous la tutelle de l'aide sociale à l'enfance.
Enfant pupille de la nation,
dont le père a été tué à la guerre ou est mort des blessures qu'il y a reçues.
Enfant de troupe,
fils de certaines catégories de militaires qui était élevé aux frais de l'État et qui figurait sur les rôles de l'armée.
. Enfant prodigue,
personnage d'une parabole de l'Évangile qui, après avoir abandonné la maison paternelle et dilapidé sa part de bien, fut, à son retour, accueilli à bras ouverts par son père.
Tuer le veau gras pour le retour de l'
prodigue.
Par ext. Enfant accueilli avec joie à son retour au foyer qu'il avait quitté. Spécialt. Au pluriel.
L'aïeul était entouré de ses
s,
de ses

s, de ses petits-enfants et de ses arrière-petits-enfants. Par ext. Postérité.
Nous sommes tous les
s d'Adam. Les
s d'Abraham. Les
s d'Israël.
Litt.
Les
s de la louve,
les Romains.
Enfants de France,
nom sous lequel on désignait les

s et les petits-enfants du roi qui occupait le trône, pour les distinguer des princes ou princesses du sang, qui appartenaient aux autres branches de la maison royale.
2. Filiation d'ordre religieux ou spirituel.
Les
s de Dieu,
les hommes en général, et particulièrement les hommes de foi.
Enfants de lumière,
ceux qui sont fidèles à la lumière intérieure venue de Dieu.
Enfants de ténèbres,
ceux qui sont infidèles à leur lumière intérieure.
Les
s de l'Église,
les fidèles.
Enfants de Marie,
congrégation catholique de jeunes filles qui voue une dévotion particulière à la Vierge Marie. Fig. et fam.
Une
de Marie,
une jeune fille innocente et naïve.
3. Filiation envisagée du point de vue de l'origine géographique ou de l'appartenance à un groupe social.
Un
du pays. Un
du Midi. Un
de la campagne. Un
de la ville. Un
de Paris. Gavroche était un
des faubourgs. Un
de la balle,
voir
. Les
s de la patrie. Un
du peuple, de la bourgeoisie, de la noblesse.
Spécialt.
Enfants perdus,
fantassins que l'on envoyait aux premières lignes et qui, le plus souvent, étaient sacrifiés.
4. Fig. et litt. Produit, résultat, effet.
Un tel désespoir est l'
de la solitude. Les rêves, ces
s de la nuit.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
Garçon ou fille qui est en bas âge.
"Un bel
. Tenir un
sur
les fonts baptismaux. Un
à la mamelle. Un
mort-né. Pleurer comme un
.
S'amuser, rire comme un
. Des jouets d'enfants. Laissez venir à moi les petits
s."
Fam.,
"Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant," se dit d'une Affaire
grave et sérieuse, ou d'un engagement dont on ne peut se dédire.
Fig.,
"Il est aussi innocent que l'
qui vient de naître," se dit pour mieux affirmer
l'innocence de quelqu'un.
Fig.,
"Faire l'enfant," Badiner comme un

, s'amuser à des choses puériles. On dit de même
"Être
. Est-elle
! Que vous êtes
!"
"Se comporter, se conduire, agir comme un
, parler comme un
," Agir sans
réflexion, tenir des discours puérils. On dit de même
"Propos d'enfant. Conduite d'enfant, etc."
Fig. et fam.,
"Il n'y a plus d'enfants," se dit à propos d'un Enfant qui parle de choses
qu'il devrait encore ignorer.
Fig. et fam.,
"Il est bon
, bien bon
de croire cela, de se prêter à cela," Il
est bien simple de croire cela, etc.
"Être bon
" signifie aussi Être de bon caractère, commode à vivre, toujours de
bonne humeur.
"C'est une bonne
, une bien bonne
."
"Enfant trouvé," Enfant abandonné et dont le père et la mère ne se font pas connaître.
"L'hospice des
s trouvés," ou, simplement,
"Les Enfants trouvés. Aller aux Enfants trouvés."
"Enfant de troupe," Fils de militaire élevé aux frais de l'État.
"Enfant de choeur." Voyez
CHOEUR.
Fig.,
"Enfants perdus," s'est dit des Soldats que l'on porte en avant un jour de combat
et que l'on considère comme perdus.
ENFANT s'emploie aussi comme nom des deux genres en termes d'amitié et de familiarité.
"Ma belle
. Venez, mon
. Ma chère
, écoutez-moi. Enfant que vous
êtes! Courage,
s, criait-il à ses soldats."
ENFANT est quelquefois féminin quand il sert à désigner précisément qu'il s'agit d'une
Fille et non d'un garçon.
"Voilà une belle
! Vous êtes une aimable
. La
pauvre
. Que cette
est laide! Oh! la vilaine
."
Il se dit aussi d'un Fils ou d'une Fille, quel que soit leur âge, par relation au père
et à la mère, ou à l'un des deux seulement.
"Avoir des
s. Être chargé d'enfants. Il
laisse une veuve et quatre
s en bas âge. Dans son extrême vieillesse, il resta entouré de
ses
s. Cette mère est faible, elle gâte ses
s. Enfant mâle. Enfant légitime. Enfant
naturel. Enfant adoptif. Enfant d'adoption. Enfant du premier lit, du second lit."
ENFANTS, au pluriel, se dit aussi des Petits- fils et arrière-petits-fils.
"Ce père de famille a
dîné avec tous ses
s. Les petits-enfants d'une personne," Ses petits-fils et arrière-
petits-fils. Ses petites-filles et arrière-petites- filles. On dit aussi
"Enfants" pour exprimer
Toutes les générations.
Il se dit également quelquefois de Tous ceux qui sont sortis d'une même souche, qui
ont la même origine.
"Nous sommes tous
s d'Adam. Les Juifs sont appelés les
enfants d'Israël." Fig.,
"Nous sommes les
s de Dieu par la grâce. Tous les fidèles
sont
s de Dieu,
s de l'Église. La patrie vit alors tous ses
s s'armer pour elle."
"Les
s de France," Les princes

s légitimes des rois de France, et ceux qui
descendent des aînés.
"Gouverneur des
s de France. Gouvernante des
s de France."
Fig.,
"Enfant de Paris," Natif de Paris, qui a l'esprit parisien.
Fig.,
"Enfant de la balle," Enfant d'un maître de jeu de paume; et, populairement par extension,
Toute personne élevée dans la profession de son père. Il se dit spécialement
quand la profession du père touche au théâtre.
En style de l'Écriture,
"Les
s de lumière," Ceux qui sont éclairés des lumières
de l'Évangile.
"Les
s de ténèbres," Les idolâtres.
"Les
s des hommes," Les hommes.
Cela se dit principalement par opposition à l'expression
"Les
s de Dieu."
"Enfant de l'amour," Enfant naturel.
Il s'est dit autrefois, figurément, d'une Chose qui est produite par une autre, qui en
naît, qui en résulte.
"Le remords est
du crime." Dictionnaire d'Emile Littré
1 Individu de l'espèce humaine qui est dans l'âge de l'enfance. Un petit

. Un bel

. Jouer comme un

.
VOIT.: « Aussi, à dire le vrai, c'est une extrême méchanceté de se moquer d'un pauvre
qui n'a appris le français que pour l'amour de moi, et qui a eu du moins l'esprit de me choisir entre tous ceux qui sont ici
» SACI: « Laissez venir les petits
s, et ne les empêchez point, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent
» BOILEAU: « Tout charme en un
dont la langue sans fard, À peine du filet encor débarrassée, Sait d'un air innocent bégayer sa pensée
» BOILEAU: « Un rimeur, sans péril, de là les Pyrénées, Sur la scène en un jour enferme des années ; Là souvent le héros d'un spectacle grossier, Enfant au premier acte, est barbon au dernier
» RAC.: « Néron n'est plus
, n'est-il pas temps qu'il règne ?
» RAC.: « De quel crime un
peut-il être coupable ?
» RAC.: « Un
est peu propre à trahir sa pensée
» RAC.: « Ô vous, sur ces
s si chers, si précieux, Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux
» RAC.: « Quel astre à nos yeux vient de luire ? Quel sera quelque jour cet
merveilleux ?
» LA BRUY.: « Les
s ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets
» LA BRUY.: « Les
s sont hautains, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés
» LA BRUY.: « Les
s n'ont ni passé ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent
» LA BRUY.: « Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les
s ; ils les saisissent d'une première vue
» HAMILT.: « Un gros marchand qui ne jouait [ne savait jouer] non plus qu'un
» FÉN.: « Dieu vous veut petit à vos yeux et simple dans ses mains comme un petit
» FÉN.: « J'ai vu, dit saint Augustin, un
jaloux ; il ne savait pas encore parler, et, avec un visage pâle et des yeux irrités, il regardait déjà l'
qui tétait avec lui
» VERTOT: « Que ses parents et ses voisins l'avaient vue grosse de la fille dont elle avait accouché ; que cet
[fille] en venant au monde avait été reçu dans les mains de ses parents et de ses alliés
» DELILLE: « Sans soin du lendemain, sans regret de la veille, L'
joue et s'endort, pour jouer se réveille
» LAMART.: « L'
dont la mort cruelle Vient de vider le berceau, Qui tombe de la mamelle Au lit glacé du tombeau
» V. HUGO: « Il est si beau, l'
avec son doux sourire, Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers
» L'

Jésus, Jésus lorsqu'il était

. Un

Jésus, une figure de Jésus

.
DIDEROT: « Cet
est trop mignard, trop fait, trop joli, trop petit, c'est un
Jésus » Sage comme l'

Jésus, se dit d'un

qui est sage et obéissant.
Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, se dit quand il s'agit de choses sérieuses et importantes.
Être innocent comme l'

qui vient de naître ou qui est à naître, être tout à fait innocent.
Enfant gâté, l'

à qui ses parents laissent faire toutes ses volontés et qu'ils ne corrigent pas.
Se dit par extension d'un adulte qui se passe ou à qui l'on passe tous ses caprices.
J. J. ROUSS.: « Elle était une des trois ou quatre jolies femmes de Paris dont le vieux abbé de Saint-Pierre avait été l'
gâté » Faire l'enfant, badiner comme un

, s'amuser à des choses puériles.
J. J. ROUSS.: « Pendant que les philosophes radotent et font les
s
» MARIVAUX: « Ils me rient au nez, me disent que je fais l'
» Être

, même sens.
MARIVAUX: « Quoi ! vous songez encore à cela ? reprit-elle ; eh ! mon Dieu ! Marianne, que vous êtes
! » Ne pas faire l'enfant, signifie aussi ne pas faire l'ignorant, ne pas affecter l'ignorance d'un

sur ce qui est dit ou proposé. Il ne fit pas l'enfant, il profita de l'occasion. Acceptez, ne faites pas l'enfant.
Adjectivement.
FLÉCHIER: « Tout
qu'elle était
» J. J. ROUSS.: « Allons nous coucher ; je suis plus
que toi
» J. J. ROUSS.: « J'aurais eu peine à croire qu'il y eût des spectateurs assez
s pour aller voir cette imitation » Un peuple

, un peuple qui n'est pas encore civilisé.
On l'a dit aussi, en poésie, de ce qui est de l'enfance.
V. HUGO: « Bords où mes pas
s suivaient Napoléon, Fortes villes du Cid ! » D'enfant, loc. adj. Faible, futile. Ce sont scrupules d'enfant.
DIDEROT: « Cette difficulté d'
a occupé dans tous les siècles les têtes les plus fortes » 2 Mal d'enfant, le travail de l'accouchement. Cette femme est en mal d'enfant.
LA FONT.: « Une montagne en mal d'
Jetait une clameur si haute....
» Faire un

, en parlant d'une femme.
J. J. ROUSS.: « La femme ne faisant guère qu'un
à la fois » Faire un

, en parlant d'un homme.
SAINT-SIMON: « M. de Nemours fit un
à cette fille de Rochon, qu'on appelait Mlle de la Garanche » 3 S. f. Petite fille, jeune fille. Ma belle

. La pauvre

.
RAC.: « Excusez ma tendresse pour une
dont je n'ai jamais eu aucun sujet de plainte
» DIDEROT: « Je suis la plus jeune de ses
s
» Mme DE GENLIS: « Dainville arrive en tenant par la main la plus charmante
que j'aie jamais vue » 4 Il exprime un rapport de génération, fils ou fille. Il eut plusieurs

s. Il perdit ses

s en bas âge.
ROTR.: « Et contre un père enfin l'
a toujours tort
» SÉGUR: « Ce fut là [à la Bérésina] qu'on aperçut des femmes au milieu des glaçons, avec leurs
s dans leurs bras, les élevant à mesure qu'elles s'enfonçaient ; déjà submergées, leurs bras roidis les tenaient encore au-dessus d'elles
» C'est l'

de sa mère, c'est bien l'

de sa mère, c'est-à-dire il en a tout le caractère.
C'est bien l'

de son père, de sa mère, se dit aussi de la ressemblance physique.
Enfant de bonne mère ou de bonne maison, personne qui occupe un bon rang dans la société. Il n'y a

de bonne mère qui ne prétende à cela.
Traiter quelqu'un en

de bonne maison, le châtier sévèrement, ne point l'épargner.
LESAGE: « Si vous ne retrouvez pas mon cordon, vous serez livré au sous-comite, qui vous traitera en
de bonne maison » Enfant de famille,

en puissance de père et de mère.
Enfant de famille,

chéri,

qui était avantagé aux dépens des autres.
Enfant de famille,

de bonne maison.
LESAGE: « Je ne me trouvai pas seul avec le muletier ; il y avait deux
s de famille de Pennaflor » Enfant de troupe, fils de militaire élevé dans les casernes aux frais de l'État.
Enfant trouvé,

abandonné par ses parents, ramassé par les passants, et recueilli par les hospices.
J. J. ROUSS.: « Mon troisième
fut donc mis aux
s trouvés, ainsi que les premiers » Enfants de la patrie, nom donné, pendant la Révolution, aux

s trouvés.
Enfant de l'amour,

né hors mariage.
Terme de marine. Enfant trouvé, personne qui s'est cachée à bord pour y faire une campagne et qui ne se montre que lorsque le navire est en mer.
Enfant de la balle, voy.
BALLE.
Enfants bleus,

s rouges, pauvres

s habillés de bleu, de rouge, qu'on élevait à Paris dans un lieu fondé pour cela.
L'

prodigue, l'

de l'Évangile qui, ayant reçu sa part, va la dissiper follement, et qui, revenant dans l'état le plus misérable, est bien accueilli par son père.
LESAGE: « Tu reviens dans ta famille dans l'équipage de l'
prodigue » Par analogie, jeune homme qui a fait ses fredaines, malgré les conseils de ses parents, surtout au moment où il revient près d'eux pour mener une vie plus rangée.
CH. DE BERNARD: « Un matin donc, l'
prodigue comparut devant sa mère, non point hâve, décharné, souillé de boue et couvert de haillons comme son aîné de la Bible, mais élégant, leste, gracieux, l'oeil câlin et le sourire sur les lèvres » 5 Enfants de France, princes et princesses,

s du roi qui occupait le trône, pour les distinguer de ceux et de celles des différentes branches de la maison royale, qui ne portaient que le titre de princes et princesses du sang.
6 Petits-enfants, voy.
PETITS-ENFANTS.
7 Enfant de choeur,

qui chante au choeur.
8 Enfants de langue, nom qu'on donnait, dans les Échelles du Levant, à de jeunes Français que le roi entretenait au Levant pour y apprendre les langues turque, arabe, grecque, et pour servir ensuite de drogmans. On dit aujourd'hui jeunes de langue.
9 Enfants perdus, soldats qui marchent, pour quelque entreprise extraordinaire, à la tête d'un corps de troupes commandé pour les soutenir ; ainsi nommés parce que leur service est particulièrement périlleux. Cette locution provient peut-être de los infantes, expression espagnole, d'où est né le mot infanterie.
Plus généralement. Enfants perdus, personnes qu'on met en avant dans une affaire hasardeuse.
Fig.
D'ALEMB.: « Je vous prie de regarder mes réflexions comme des
s perdus que j'ai jetés en avant sans m'embarrasser de ce qu'ils deviendraient » Néologisme. Enfant terrible,

qui, en répétant ce qu'il a entendu dire, blesse profondément ceux à qui il parle. Dites-moi donc, monsieur, qui est-ce qui a inventé la poudre ? papa dit que ce n'est pas vous.
Par extension, ceux qui par trop de sincérité compromettent leur cause, leur parti.
10 Terme de familiarité, d'encouragement, avec un accent paternel, et venant d'un homme âgé ou d'un supérieur. Mes chers

s. Allons,

s. Mon

, écoutez-moi.
MOL.: « Va-t'en, ma pauvre
» REGNARD: « Allons, Merlin, de la vivacité, mon
, de la présence d'esprit
» LESAGE: « Ah ! mon
, j'ai cru voir une substance céleste ; elle m'a tout à coup embrasé d'amour
» Un bon

, un homme de bonne humeur, et aussi un homme qui n'a pas de malice.
LA FONT.: « Au surplus bon
, sot, je ne le dis pas
» P. L. COUR.: « Il est fort bon
et plus uni à ce qu'il me semble que la plupart des jeunes gens » On dit de même une bonne

. Elle est bonne

.
REGNARD: « Mais dans le fond, c'est une bonne
» Il est bon

, bien bon

de croire cela, de se prêter à cela, c'est-à-dire il est bien simple de croire cela, etc.
Adjectivement. Il a un air bon

, un sourire bon

.
Dans le style familier, bon

entraîne souvent l'idée d'aimable vaurien, de joyeux compagnon.
11 Les êtres humains considérés comme fils du ciel, de Dieu, de la terre, de la patrie, etc. La patrie réclama le secours de ses

s. Les

s d'une même patrie. Les

s de Dieu et de l'Église.
RAC.: « Ainsi la Grèce en vous trouve un
rebelle
» RAC.: « Dieu laissa-t-il jamais ses
s au besoin ?
» RAC.: « Jérusalem renaît plus charmante et plus belle ; D'où lui viennent de tous côtés Ces
s qu'en son sein elle n'a pas portés ?
» VOLT.: « Rome avait des
s Qui conspiraient contre elle et servaient les tyrans
» VOLT.: « Des
s du soleil le redoutable empire
» VOLT.: « ....l'État répandait le sang de ses
s
» MASS.: « Si le monde exige tant des
s de la terre, qu'est-ce que Dieu ne doit pas demander des
s du ciel ?
» RAYNAL: « À mesure que les conquêtes et les cultures se multiplièrent en Amérique, il fallut plus d'esclaves ; ce besoin a augmenté graduellement ; et, depuis la pacification de 1763, on a arraché chaque année à la Guinée quatre-vingt mille de ses malheureux
s
» LAMART.: « Venez,
s du ciel, orphelins sur la terre, Il est encor pour vous un asile ici-bas ; Mes trésors sont cachés, ma joie est un mystère ; Le vulgaire l'admire et ne la comprend pas
» Dans le langage biblique. Les

s des hommes, les hommes, et surtout ceux qui vivent dans l'iniquité. Les

s de lumière, ceux qui ont reçu l'Évangile. Les

s de ténèbres, les idolâtres.
Par extension, il se dit d'autres êtres que les êtres humains.
DELILLE: « Quels qu'ils soient, l'Éternel à d'immuables lois Soumet tous les
s des vergers et des bois ; Lui-même il les nourrit, il veille à leur défense » 12 S. m. plur. Descendants. Nous sommes tous

s d'Adam. Les

s d'Israël.
SACI: « Et que vous racontiez à vos
s et aux
s de vos
s de combien de plaies j'ai frappé les Égyptiens
» LA FONT.: « Des
s de Japhet toujours une moitié Fournira des armes à l'autre » 13 Natif. Les

s de Paris.
14 Partisan, sectateur, disciple, Les

s de la liberté et de l'égalité.
PASC.: « Mais pendant que vous ne travaillerez qu'à y entretenir le trouble, ne doutez pas qu'il ne se trouve des
s de la paix qui se croiront obligés d'employer tous leurs efforts pour y conserver la tranquillité
» Enfants de St-François, de St-Ignace, etc. les Franciscains, les Jésuites, etc.
Les

s de Bellone, de Mars, les guerriers. Les

s d'Apollon, les poëtes.
15 Ce qui est l'effet, la conséquence de, le produit de. Le bonheur est

de la vertu. Les jeux, les ris,

s de la gaieté.
CORN.: « Impatients désirs d'une illustre vengeance, Enfants impétueux de mon ressentiment
» CORN.: « Sortez de mon esprit, ressentiments jaloux, Noirs
s du dépit
» CORN.: « Fiers
s de l'honneur, nobles emportements
» LA FONT.: « Les arts sont les
s de la nécessité
» VOLT.: « On ne se cache point ces secrets mouvements, De la nature en nous indomptables
s
» VOLT.: « N'atteste point ces dieux,
s de l'imposture
» VOLT.: « Quel mérite ont des arts,
s de la mollesse ?
» VOLT.: « Richelieu, Mazarin.... Enfants de la fortune et de la politique » 16 Petit d'un animal.
DELILLE: « Une laie aux poils blancs, trente
s blancs comme elle, Vont s'offrir à tes yeux » 17 Terme d'astronomie. Enfants de Dercéto ou

s d'Atergatis, la constellation des Poissons.
18 Terme d'alchimie. Enfants de la nature, les quatre éléments qu'admettaient les anciens.
Enfant des philosophes, le mercure.
PROVERBES
De fol et d'
se doit-on délivrer, c'est-à-dire quand on travaille sérieusement, il faut écarter les gens folâtres et les

s.
Cet
a trop d'esprit, il ne vivra pas, se dit sérieusement pour exprimer la crainte qu'inspire la santé d'un

trop précoce, ou, par moquerie, pour exprimer qu'un

est sans esprit.
C. DELAVIGNE: « Quand ils ont tant d'esprit, les
s vivent peu » Il n'y a plus d'enfants, c'est-à-dire on commence à avoir de la malice de bonne heure ; et aussi, les jeunes gens pensent, parlent, agissent comme les hommes mûrs.
Enfant de Melchisédech, personne dont on ne connaît pas la famille.
J. J. ROUSS.: « C'étaient des
s de Melchisédech, dont on ne connaissait ni le pays, ni la famille, ni probablement le vrai nom » Les menteurs sont

s du diable.
HISTORIQUE
XI
ème siècle
Ch. de Rol. CXXXI: Par tels paroles vous ressemblez
XII
ème siècle
Ronc. p. 37: De lor enfanz et des gentis uxors
ib. p. 77: Dient Franzois : cist cops n'est pas d'enfant
ib. p. 153: Et Dex ! dit Naymes, or voi-je duel [deuil] d'enfant
ib. p. 187: Baron, dist l'anfes, ne vous doit anuier
Couci, III: Empris [j'] ai greignor folie Que li faus enfes qui crie Por la bele estoile avoir
Sax. v: De sa premiere fame [il] out deus vaslez enfans
XIII
ème siècle
Berte, LX: Cil gaigna deus enfans en la serve haïe
ib. LXI: [Rainfrois fut] li premiers enfes qu'ot en la serve li rois
ib. LXXIII: Dont je me chevissoie [entretenois] et ma fame Margain Et mes petits enfans
ib. LXXXIX: Murdri [ils] ont mon

, Bertain, qui m'aimoit si
la Rose, 392: Certes el [Vieillesse] n'avoit poissance, Ce cuit-je, ne force, ne sens, Ne plus qu'un enfes de deus ans
ib. 10795: Enfes qui ne crient [craint] pere et mere, Ne puet estre qu'il nel'compere [qu'il ne le paye]
BEAUMANOIR: « Se li enfes roboit ou batoit se [sa] mere, venjance en devroit estre fete
» BEAUMANOIR: « Comme le [la] mere son
garantiroit par bone volenté, s'ele en avoit le pooir » XIV
ème siècle
ORESME: « Il estoit tres bon et ne sembloit pas
ou filz de home mortel, mais de Dieu
» ORESME: « Se l'un demeure tousjours
en pensée et en meurs, et l'autre soit très bon et très vertueux » XV
ème siècle
FROISS.: « Mais le roi vueil-je bien deporter [excuser], car c'est un enfes ; on lui doit pardonner [paroles de Philippe d'Artevelle]
» EUST. DESCH.: « .... Amour descent aux enfans Des peres ; beau filz, or m'entens, L'amour aux peres ne remonte Des enfans....
» LEROUX DE LINCY: « Enfant aime moult qui beau l'appelle
» LEROUX DE LINCY: « Enfant de bonne ville est demy escripvain
» Petit J. de Saintré, p. 2, dans LACURNE: Lequel Jehan de Saintré, sur tous les autres paiges et enfans d'honneur, servoit chacun jour à table
XVI
ème siècle
LAN.: « Je repartiroye après cinq mille harquebusiers en dix troupes, et en mettrois les six comme enfans perdus à la teste des bataillons
» LAN.: « Je ne parle pas d'une certaine sorte qui s'appellent les enfans sans souci
» CALVIN: « Il y avoit encore d'autres voeux plus infantiles, jaçoit qu'ils ne se fissent pas des petits
s
» GÉNIN: « Enfant qui vient de nature prend de Dieu sa pasture
» GÉNIN: « Poissons et enfans en eaue sont croissans
» OUDIN: « Enfans de la messe de minuit, qui cherche Dieu à taston
» LEROUX DE LINCY: « Enfant haï est toujours triste
» LEROUX DE LINCY: « De grands personnages
s non sages
» LEROUX DE LINCY: « De petit
petit deuil
» BRANT.: « M. de Strozze avoit esté nourry
d'honneur du petit roy François II, estant monsieur le dauphin »ÉTYMOLOGIE
Bourg. éfan ; picard affant, effant ; provenç. enfan, effan, efan ; espagn. et ital. infante, infant ; du latin infantem,

, de in, non, et fari, parler (voy.
FABLE) : celui qui ne parle pas. L'ancien français enfe ou enfes est le nominatif, d'ínfans, avec l'accent sur in ;

est le régime, d'infántem, avec l'accent sur fan.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
ENFANT. Ajoutez :
19 Enfant de la balle, voy.
BALLE 1, n° 1.
REMARQUE
Ploetz, auteur d'une grammaire française populaire en Allemagne, prétend que, au féminin,

ne se dit qu'au singulier, et qu'au pluriel ce mot est masculin, même quand il s'agit d'une fille. Mais, s'il est correct de dire : Rose est une jolie

, Marguerite est une jolie

, il le sera aussi de dire : Rose et Marguerite sont de jolies

s.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
Garçon ou fille qui est en bas âge, qui n'a pas encore l'usage de la raison.
"On est
jusqu'à l'âge de dix ou douze ans. Un bel
. Un petit
. Un joli
. Un
opiniâtre. Tenir un
sur les fonts baptismaux. Un
à la mamelle. Un
qui tette. Sevrer un
. Un
mort-né. Un
bien né. Un
mal né. Pleurer comme un
. Badiner comme un
. Des jouets d'enfants. On représente l'Amour sous les traits d'un
."
Il s'emploie quelquefois comme féminin, au singulier, en parlant d'Une très-jeune fille, surtout lorsqu'on exprime quelque louange, ou qu'on témoigne quelque sentiment d'affection, de bienveillance, etc.
"Voilà une belle
. Vous êtes une jolie, une aimable
. La pauvre
!"
Fam.,
"Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant," se dit D'une affaire grave et sérieuse, ou D'un engagement dont on ne peut se dédire.
Prov.,
"Il est aussi innocent que l'
qui vient de naître, qui est à naître," se dit Pour mieux affirmer l'innocence de quelqu'un.
Prov.,
"Faire l'enfant," Badiner comme un

, s'amuser à des choses puériles. On dit de même,
"Être
. Est-elle
! Que vous êtes
!"
"Se comporter, se conduire, agir comme un
, parler comme un
," Agir sans réflexion, tenir des discours puérils. On dit de même,
"Un discours d'enfant, une conduite d'enfant, etc."
Prov. et fig.,
"Il n'y a plus d'enfants," se dit À propos d'un

qui parle de choses qu'il devrait encore ignorer.
Fig. et fam.,
"C'est un bon
," C'est un homme de bonne humeur, de bon caractère, et commode à vivre. On dit aussi,
"C'est une bonne
, une bien bonne
," en parlant D'une jeune fille ou d'une jeune femme d'un caractère doux et facile.
Fig. et fam.,
"Il est bon
, bien bon
de croire cela, de se prêter à cela, etc.," Il est bien simple de croire cela, etc.
"Enfant trouvé," Enfant qu'on trouve exposé, et dont le père et la mère ne se font pas connaître.
"C'est un
trouvé. L'hospice des
s trouvés," ou simplement,
"Les Enfants trouvés. Aller aux Enfants trouvés."
"Enfant de choeur," Enfant dont l'emploi est de chanter dans l'église, et de servir à quelques autres fonctions du choeur.
"Enfants d'honneur," Jeunes gens de qualité qui étaient nourris auprès d'un prince, pendant son bas âge.
Fig.,
"Enfants perdus," se dit Des soldats détachés qui commencent l'attaque un jour de combat.
"Commander les
s perdus." Il se dit quelquefois, par extension, Des personnes que l'on jette les premières en avant dans quelque entreprise hasardeuse, ou qui s'y aventurent d'elles-mêmes.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit aussi d'Un fils ou d'une fille, quel que soit leur âge, par relation au père et à la mère, ou à l'un des deux seulement.
"Avoir des
s. Enfant mâle. Une femme qui est en mal d'enfant, en travail d'enfant. Être chargé d'enfants. Il laisse une veuve et quatre
s en bas âge. Une mère qui aime beaucoup ses
s. Cette mère est faible, elle gâte ses
s. Enfant gâté. La parabole de l'Enfant prodigue. Des
s mineurs. Enfant légitime. Enfant naturel. Enfant adoptif. Enfant d'adoption. Enfant du premier lit, du second lit. Il fut élevé chez ces étrangers comme s'il eût été l'
de la maison."
Fam.,
"C'est bien l'
de sa mère," Il lui ressemble beaucoup, il en a les manières, les qualités, les défauts.
Fig. et fam.,
"Traiter quelqu'un en
de bonne maison," Le châtier sévèrement, ne point l'épargner.
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
quand on l'emploie au pluriel, comprend aussi quelquefois Les petits-fils et arrière-petits-fils.
"Ce père de famille a dîné avec tous ses
s. Les petits-enfants d'une personne," Ses petits-fils et arrière petits-fils.
Il se dit également quelquefois de Tous ceux qui sont sortis d'une même souche, qui ont la même origine.
"Nous sommes tous
s d'Adam. Les Juifs sont appelés les
s d'Israël."
Il s'emploie aussi figurément.
"Nous sommes les
s de Dieu par la grâce. Tous les fidèles sont
s de Dieu,
s de l'Église. La patrie vit alors tous ses
s s'armer pour elle."
"Un
de Saint-François, un
de Saint-Ignace, etc.," Un franciscain, un jésuite, etc.
"Les
s de France," Les princes

s légitimes des rois de France, et ceux qui descendent des aînés.
"Gouverneur des
s de France. Gouvernante des
s de France."
Fig. et fam.,
"Enfant de Paris,
de Lyon,
d'Orléans, etc.," Natif de Paris, de Lyon, d'Orléans, etc.
Fig. et pop.,
"Enfant de la balle," Enfant d'un maître de jeu de paume; et, par extension, Toute personne élevée dans la profession de son père.
En style de l'Écriture,
"Les
s de lumière," Ceux qui sont éclairés des lumières de l'Évangile.
"Les
s de ténèbres," Les idolâtres.
"Les
s des hommes," Les hommes: cela se dit principalement de Ceux qui vivent dans l'iniquité.
Prov. et fig.,
"Les menteurs sont
s du diable."
Fig. et poétiq.,
"Les
s de Bellone" ou
"de Mars, les
s d'Apollon," Les guerriers, les poëtes.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
est aussi Un terme d'amitié, de familiarité qu'on emploie quelquefois en parlant à quelqu'un de plus jeune que soi ou à un inférieur, soit pour le flatter, pour le consoler, etc., soit pour lui ordonner quelque chose, pour l'y engager, etc.
"Ma belle
, ne craignez rien. Mon
, allez avertir mes gens. Venez, mon
. Mon cher
, écoutez-moi. Enfant que vous êtes, pouvez-vous avoir peur de la colère d'un ami? Allons,
s, travaillez. Courage,
s! criait-il à ses soldats."
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit quelquefois figurément, en poésie et dans le style élevé, d'Une chose qui est produite par une autre, qui en naît, qui en résulte.
"Le bonheur est
de la vertu. Les jeux, les ris,
s de la gaieté."
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)...hélas ! Et dans ton âme combattue à l'excès, la cendre est à présent, et bientôt, c'est la flamme. Est-ce un solide bien, ce que tu viens d'ouïr ? N'est-ce qu'une ombre feinte ? Du sort de ton enfant vas-tu te réjouir ou redoubler ta plainte ? Rappelle, ô coeur meurtri, ton sourire exilé ! Il faut que l'homme sache que malgré la raison, sous le ciel étoilé, plus d'un secret se cache....
Citation n°2 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)...chansons des cithares et luths, des poètes et pères qui les yeux ravissaient des monstres et cerbères ; car de ton frère archer la prophétique rage qui agite les rains du pénéan feuillage, jamais enfant mortel ne la porta si forte comme mon ami doux dedans son coeur la porte. SYL. N., à MAURICE DU PLESSYS Une même fureur n'agite tout poète, combien qui sont faconds ont la bouche muette ! La plupart...
Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)...elle caractérisait sa race, c'était le rapprochement excessif de ses yeux, à fleur de tête comme tous les yeux maoris ; dans les moments où elle était rieuse et gaie, ce regard donnait à sa figure d'enfant une finesse maligne de jeune ouïstiti ; alors qu'elle était sérieuse ou triste, il y avait quelque chose en elle qui ne pouvait se mieux définir que par ces deux mots : une grâce polynésienne. 1ère...
Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)...la vie, -et se croyait déjà fort blasé. -il avait été profondément écoeuré et déçu, -parce que, avant de devenir un garçon semblable aux autres jeunes hommes, il avait commencé par être un petit enfant pur et rêveur, élevé dans la douce paix de la famille ; lui aussi avait été un petit sauvage, sur le coeur duquel s'inscrivaient dans l'isolement une foule d'idées fraîches et d'illusions radieuses....